En 2021, MINI annonçait fièrement devenir une marque 100 % électrique d’ici 2030. Une ambition alignée sur les objectifs climatiques européens et la dynamique du groupe BMW. Mais à la lumière des récents développements industriels et commerciaux, ce calendrier s’assouplit. Le constructeur britannique revoit ses priorités et repousse son plan de transition électrique intégrale.
Cette décision ne remet pas en cause l’engagement de MINI envers la mobilité durable, mais elle reflète une réalité de marché plus complexe que prévu. Entre demandes variables selon les continents et contraintes politiques, la marque ajuste son cap avec prudence.
La production des modèles électriques retardée à Oxford
L’un des signaux les plus clairs de ce changement de cap est le gel de l’investissement de 600 millions de livres prévu pour l’usine MINI d’Oxford. Cette enveloppe devait permettre de transformer le site pour y produire les futures MINI électriques, dont les modèles Cooper Electric et Aceman.
Mais plusieurs facteurs freinent ce chantier :
- les droits de douane potentiels sur les véhicules importés de Chine (où sont actuellement produits certains modèles électriques du groupe),
- l’incertitude sur la demande réelle en Europe et au Royaume-Uni,
- les quotas réglementaires britanniques sur les ventes de véhicules zéro émission.
En conséquence, BMW met la priorité ailleurs, notamment en Chine, où la production électrique est déjà optimisée. L’usine d’Oxford, berceau historique de la MINI moderne, attendra une conjoncture plus favorable pour se réinventer.
Les moteurs thermiques conservent une place dans la gamme MINI
L’avenir ne sera pas uniquement électrique pour MINI. C’est en tout cas le message porté par Michael Peyton, vice-président de la marque pour l’Amérique du Nord. Il affirme clairement que les motorisations thermiques resteront au catalogue au-delà de 2030, notamment dans les marchés où la demande électrique reste marginale.
C’est le cas des États-Unis, où MINI conserve une image forte auprès des jeunes conducteurs et des amateurs de petites sportives stylées. Le plaisir de conduite associé au moteur thermique reste un argument de poids, difficile à transposer à l’électrique pour le moment.
MINI s’aligne sur d’autres marques premium dans le report de l’électrification
MINI n’est pas un cas isolé. D’autres constructeurs prestigieux ralentissent ou revoient leur stratégie électrique :
- Maserati a repoussé la sortie de plusieurs modèles 100 % électriques,
- Lamborghini mise encore sur l’hybride rechargeable pour les années à venir,
- Aston Martin, Bentley et Rolls-Royce ajustent leur calendrier face aux défis industriels et à la demande fluctuante.
Ces décisions révèlent un réalisme industriel partagé dans le segment premium : le tout-électrique viendra, mais pas au prix de la rentabilité ni de l’identité de marque.