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L’industrie automobile espagnole en souffrance

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Depuis 2017, le Crossland X est fabriqué dans l'usine Opel de Saragosse. Source : media.opel.com

L’Espagne est, en Europe, un pays à la main-d’œuvre qualifiée et relativement bon marché. Cela lui permet de maintenir une industrie forte. On y fabrique des chaussures, des vêtements et bien d’autres choses… dont des voitures. De fait, il s’agit du deuxième constructeur automobile du continent, mais sa production a baissé en 2017 par rapport à 2016.

Les chiffres clés de l’automobile espagnole en 2017

La fédération nationale espagnole des constructeurs automobiles, l’ANFAC, a fait état le 24 janvier 2018 d’un constat peu reluisant pour le secteur en Espagne. La production de voitures en 2017 a diminué par rapport à son niveau de 2016. La crise économique semblant être fin terminée, c’est une véritable contre-performance.

Les cinq principaux débouchés des usines automobiles espagnoles se trouvent dans l’aire européenne. Il s’agit – dans l’ordre – de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et de la Turquie. Ces cinq nations captent 65 % de la production ibérique.

Seat est la propriété du groupe VW, mais ses voitures portent toujours des noms espagnols. Crédit photo : Seat León 1.4 TSI, M 93, 7 septembre 2013, Wikimedia Commons

Les usines espagnoles auront produit en 2017 2,8 millions d’automobiles. Sur ce total, l’exportation en concernait 2,4 millions, ce qui est une grosse proportion. L’industrie de l’automobile représentait l’année dernière près de 10 % du PIB espagnol et 18 % des exportations nationales. C’est presque le double par rapport à 2005.

Rachetée en 1986 par Volkswagen, la marque barcelonnaise Seat a encore ses bases dans la péninsule Ibérique. L’Espagne est donc logiquement le deuxième constructeur automobile européen, juste derrière l’Allemagne. Renault est notamment présent à Valladolid, PSA à Vigo, Ford à Valence et Opel à Saragosse.

Une industrie apte à rebondir ?

Cette baisse inattendue s’explique en fait par la santé de plusieurs marchés important traditionnellement des véhicules fabriqués en Espagne. Effectivement, si le marché français s’est très bien porté en 2017, ça n’a pas été le cas de tous. À titre d’exemple, les immatriculations au Royaume-Uni ont chuté de 5,7 %. En retour, il y a eu 7,3 % d’exportations de voitures en moins vers ce pays.

Nous voyons la même chose avec la Turquie, premier marché hors UE pour l’industrie automobile espagnole. Là, la diminution des ventes globales toutes marques confondues a entraîné un recul de 11,8 % pour les exportations automobiles espagnoles.

Du côté des modèles, la Seat Ibiza reste l’une des principales ambassadrices du pays :

Les autorités espagnoles espèrent un rebond en 2018, comptant sur la reprise du marché britannique dont l’économie est en bonne santé. Mais le Brexit pourrait à terme compliquer les échanges commerciaux entre les deux pays en encourageant la production locale au détriment des exportations espagnoles.

La fabrication de tout nouveaux modèles de voitures en Espagne par certains constructeurs offre également des perspectives plus réjouissantes. Fabriqués en amont dès 2017, il n’a pas toujours été facile de s’adapter à leurs besoins. Le retard pris en 2017 ne devrait donc plus grever les chiffres de 2018. Mais il faudra voir dans un an ce qu’il en sera !

Source :

Le Point