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À quand les robotaxis ?

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La voiture autonome de Google en phase d'essai en Californie, le 21 octobre 2015. Crédits photo : Michael Shick, Wikimedia Commons

Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises des voitures autonomes développées par divers constructeurs. Audi, Renault et bien d’autres perfectionnent chaque jour davantage ces petits bijoux de demain. Mais cette nouvelle technologie pourrait avoir des retombées nombreuses et variées. Parmi elles, l’automatisation des taxis.

Le robotaxi : qu’es-aquo ?

Qui n’a rêvé, en regardant un film ou en lisant un livre, d’avoir à sa disposition un chauffeur ? Ce privilège, symbole du millionnaire, pourrait se démocratiser grâce à l’essor des robotaxis. En effet, ces derniers sont des voitures entièrement autonomes qui constitueraient une flotte de taxis mis à la disposition des usagers. Le coût du matériel, de sa maintenance et de sa gestion ne serait pas négligeable, mais nettement inférieur en main-d’œuvre à ce qu’impliquent les taxis traditionnels d’aujourd’hui. Pour l’heure, ce n’est toujours que de la science-fiction, mais ce n’est plus qu’une question d’années ! Voici quelques images pour vous tenir en haleine :

Effectivement, des experts ont émis diverses hypothèses quant à l’apparition et au développement des robotaxis. Tout semble s’accélérer. Roland Berger – à la tête du cabinet de conseil éponyme – a publié un dossier prévoyant l’apogée du robotaxi à l’horizon 2030. Ce véhicule d’avenir n’est autre qu’une voiture autonome de niveau 5, se passant de tout conducteur humain. Ce sera un pilote automatique très perfectionné, déjà annoncé par l’Autonome Cab de Navya, avec radars, capteurs et caméras. Mais sa montée en puissance ne serait pas sans implications, ce qui pourrait d’ailleurs le remettre en cause auprès des États et des constructeurs automobiles… du moins en apparence.

Les conséquences possibles des robotaxis

Dans ses prévisions, Roland Berger considère que les ventes de véhicules neufs dans le monde vont diminuer d’un tiers avant 2030. 32 % très précisément – et même 60 % pour la France et divers pays développés. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il sera plus confortable et moins onéreux pour la plupart des êtres humains de recourir ponctuellement à un robotaxi plutôt que d’entretenir une voiture possédée en propre à l’année. Assurance, carburant, inconfort de la conduite, révisions annuelles, grosses pièces à changer, risques, kilométrage quotidien faible… Le calcul est vite fait. Ce phénomène est déjà visible, en quelque sorte, dans le succès actuellement rencontré par la LLD et la LOA.

Avec le robotaxi, on est très loin de la Benz Patent-Motorwagen Nummer 1 de 1886… Crédits photo : DaimlerChrysler AG, Wikimedia Commons

De plus, la population mondiale étant de plus en plus urbaine, des flottes de robotaxis pourront assez facilement être mises en place dans les agglomérations en parallèle des réseaux de transport en commun. Les investisseurs ne manqueront pas. Seules les populations rurales devraient conserver un certain temps un modèle automobile traditionnel. Le train et l’avion continueront de permettre de franchir les grandes distances.

Il n’y aurait que du positif avec les robotaxis

Dans ce tableau prévisionnel, on remarque que les ventes de voitures devraient chuter dans l’ensemble du globe. Ce seul fait ne devrait pas emballer les constructeurs, ce qui pourrait freiner le lancement des premiers robotaxis. Toutefois, la plupart des fabricants espèrent passer devant leurs concurrents en proposant une innovation majeure qui s’imposerait sur l’ensemble du marché. Cette émulation est donc positive pour franchir ce cap. En outre, si les ventes seront moins nombreuses, les transactions se feront nécessairement à des prix plus élevés au vu des technologies de pointe embarquées. Ainsi, les bénéfices de l’industrie automobile devraient presque doubler grâce à cela entre 2015 et 2030, toujours d’après Roland Berger.

Le parc automobile mondial devrait être restreint par ces nouveautés. Cette rationalisation accrue correspondra à autant de pollution en moins. Elle aura également des répercussions positives sur la fluidité de la circulation et la facilité de stationnement. Il n’y a plus qu’à prendre le robotaxi en marche, comme Uber le fait avec Volvo et Google avec Fiat !

Source :

Les Échos