Notre titre pourra intriguer, mais reflète exactement ce que seront ces futures-anciennes Aston Martin DB4 GT. Sans aucun doute superbes car reconstruites à l’identique des modèles d’origine, mais cette fois-ci en… 2017 et avec des méthodes respectueuses du modèle mais plus modernes.

À l’image de Jaguar qui a lancé la construction de neuf copies de XKSS et de six rééditions de la sublime Type E Lightweihgt, Aston Martin a décidé d’en faire tout autant en relançant une série « limitée » à 25 exemplaires de la DB4 GT. Un modèle emblématique de la marque né en 1959, mais qui fut souvent battu en course par les Ferrari.

Pas de quoi doucher l’enthousiasme des nombreux amateurs qui aimeraient en posséder une et qui vont voir leur rêve se réaliser, à condition qu’ils déboursent 1,5 million de livres sterling, soit 1,2 million d’euros. En revanche, les heureux possesseurs de l’un des 75 modèles produits jusqu’en 1963, dont 8 en version raccourcie et allégée, valant la bagatelle de 3 millions de livres sterling (2,4 millions d’euros), vont trouver le procédé quelque peu cavalier. Ils peuvent légitimement se poser la question de la valeur de leur voiture « ancienne » aux côtés de la moderne. Inestimable aujourd’hui, deviendrait-elle moins recherchée demain ou au contraire sa cote va-t-elle s’envoler avec un tel faire-valoir moderne, déjà vendu hors de prix ?
Usine d’époque

Car Aston Martin ne fait pas les choses à moitié et va utiliser, pour l’occasion, les ateliers historiques abandonnés depuis 2007 de Newport Pagnell et aujourd’hui rénovés. Comme si le berceau des anciennes était le seul digne de faire naître les nouvelles. Il faut dire que la DB4 GT a suscité la convoitise avec ses lignes qui inspirent encore les Aston Martin d’aujourd’hui et la construction légère de sa carrosserie en aluminium qui permettait de gagner, par rapport au modèle de route, pas moins de 90 kg. La suppression des places arrière permettait aussi d’adopter un châssis court qui dynamise ses lignes, reconnaissables encore aux phares carénés par des globes.

Cette architecture particulière et son célèbre 6 cylindres en ligne de 3,7 l firent le reste pour que Sir Stirling Moss impose dès sa première sortie la GT à Silverstone. Elle sera présentée ensuite au Salon de Londres, avant d’aller décrocher la victoire absolue aux 24 Heures du Mans.

Restant fidèle à la conception de ces huit versions allégées d’usine, chaque nouvelle DB4 G.T. sera construite avec un mélange d’artisanat ancien et de techniques modernes. Les voitures profiteront en effet de l’amélioration des performances portant sur la conduite avec des assistances, le freinage et la sécurité du moteur. Celui-ci est toujours le 6 cylindres en ligne à double allumage conçu par Tadek Marek mais sa cylindrée est portée à 4,2 l et offre 340 ch. Il est accouplé à une transmission manuelle à quatre rapports et un différentiel à glissement limité. La coque, faite d’une structure tubulaire sur laquelle sont assemblés les panneaux d’aluminium, bénéficiera d’un ajustage par technique numérique avant une finition à la main.

En tant que voiture de course, cette DB4 GT baptisée « Continuation » pour la distinguer des autres, sera utilisable seulement sur circuit. Aston Martin Works a créé un programme spécial réservé aux acheteurs qui, durant deux ans, leur permettra de fréquenter les plus beaux circuits du monde. Les moins aguerris n’ont pas à se faire du souci, ils seront encadrés par les instructeurs experts de la marque, dont Darren Turner, le grand gagnant de la classe Le Mans. « Ils aideront les clients à maîtriser les techniques de conduite d’une époque où le pilotage sur piste relevait plus de l’art que de la science », assure non sans raison Aston Martin.