Une alerte résonne dans l’habitacle. Sur l’écran, un triangle signale un accident. Voilà le conducteur prévenu, il peut agir en conséquence. Brouillard, forte pluie, embouteillage, état de la chaussée… Le véhicule sait tout. C’est une voiture intelligente. Depuis plus de trois ans, avec plusieurs partenaires européens, des ingénieurs de l’Université de technologie de Compiègne (UTC) travaillent à développer ce système.

Ce mercredi avait lieu un test grandeur nature, en partenariat avec Vivéris, une entreprise parisienne spécialisée dans les nouvelles technologies. « L’UTC a développé la théorie, nous nous chargeons de la mise en pratique et de la commercialisation », précise Julien Couraudon, chargé d’affaires. Sur le parking du centre d’innovation de l’UTC, une dizaine de voitures étaient équipées. Un simple boîtier et une antenne. Il était convenu de simuler une forte pluie.

« Un premier convoi va repérer le danger en déclenchant les essuie-glaces, détaille Bertrand Ducourthial, responsable du projet à l’université. L’automobile transmettra ensuite l’information aux autres véhicules. » Dans ces derniers, une tablette fait office d’écran. Un plan de Compiègne apparaît, avec la position des dix voitures et les alertes. Tout semble fonctionner.

Très bien. Mais ne peut-on pas déjà faire tout cela avec un smartphone ? « Si, mais c’est au conducteur de lancer l’alerte, explique Julien Couraudon. Avec notre système, c’est le véhicule qui s’en charge. C’est plus rapide et plus fiable. » Bertrand Ducourthial enchaîne : « Avec une application classique, il suffit qu’un conducteur signale un événement pour que cela soit transmis. Nos algorithmes permettent de compiler et trier, pour une information sûre. »

Si l’on en croit Thomas Fuhrmann, ancien étudiant de l’UTC, aujourd’hui ingénieur recherche, « le test a été concluant, même s’il y a des choses à améliorer ». La commercialisation pourrait, selon Julien Couraudon, avoir lieu dès 2017. Des contacts sont déjà noués. Parfois très locaux. « Nous travaillons par exemple avec la ville de Compiègne sur un projet visant à équiper les bus ».

Julien Barbare