Le procès n’aura finalement pas lieu. Le tribunal d’Oslo devait examiner ce lundi une plainte déposée au civil par quelque 130 propriétaires de Tesla S P85D, une berline affichant une des accélérations les plus fortes au monde. Les plaignants déploraient que la puissance réelle de leur bolide ne soit « que » de 469 chevaux, et non pas 700 chevaux comme initialement promis par le constructeur américain.

Batterie, le maillon faible

En effet, encouragé par une législation inadaptée, le constructeur de voitures électriques californien se contentait jusqu’au début de l’année 2015 de déclarer la puissance cumulée de ses moteurs électriques, 700 chevaux pour la S P85D, donc. Or, contrairement à ce qui passe avec une voiture à moteur thermique, la puissance maximale réelle que peut développer une voiture électrique n’est le plus souvent pas limitée par celle de son ou de ses moteurs, mais plutôt par celle de sa batterie. Soit 469 chevaux dans le cas de la Model S P85D, voire transitoirement 539 chevaux si le client a coché l’option « Ludicrous Mode » autorisant une sollicitation temporaire plus élevée des accumulateurs lithium-ion.

Compensation négociée

Les deux parties ont finalement trouvé un compromis avant l’ouverture du procès, a-t-on appris auprès du tribunal et des avocats des plaignants. Tesla s’est refusé à tout commentaire. Le journal d’affaires norvégien Dagens Naeringsliv affirme que Tesla allait verser 65 000 couronnes (7 260 euros), soit la moitié des dédommagements réclamés, ou offrir plusieurs autres modes de compensation, sous forme de bons d’achat, d’amélioration de la batterie ou de roues neuves, parfois accompagnés d’un pécule. Les avocats des plaignants ont refusé de confirmer ces informations.

Norvège, terre promise de la voiture électrique

Grâce à ses généreuses mesures publiques en faveur des voitures électriques (exemption de taxes, gratuité des péages urbains et du stationnement, etc.), la Norvège est le deuxième marché au monde pour Tesla derrière les États-Unis. Le groupe y a écoulé près de 2 800 véhicules depuis le début de l’année, soit 24 % de moins que sur les onze premiers mois de 2015, un recul en grande partie attribué à la concurrence croissante des modèles hybrides.